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meharat
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Arène factice

Deux jours que j’observais, coincé dans mon renfoncement à la limite entre la paroi rocheuse et les arches du toit. C’était la dernière étape de ce donjon mortel artificiel. J’étais le premier arrivé, ou le dernier survivant.

En contrebas, il y avait la créature et sa dresseuse, une humaine. Les humains, je connaissais, mais la créature, elle me laissait dubitatif. Je me devais d’être prudent. Alors j’observais, sans relâche, je goutais l’air aussi, captant leur odeur, observant leurs interactions, engrangeant peu à peu les informations qui me seront utiles pour la mise à mort prochaine.

La créature n’était visiblement pas de ce monde. Ce qui s’en rapprocherait le plus serait un grand félin, mais elle possédait 6 pattes, opposées par paire, soit une paire de plus que pour un animal classique. Celle-ci était positionnée au un tiers du corps et pour ce que j’avais déjà pu voir, elle permettait à la créature une position stable pour frapper avec ses pattes avant qui se terminait par des quatre griffes recourbées, longues comme ma main. Je suspectais qu’elle pouvait ainsi capturer une proie et la déchiqueter tout en pouvant toujours continuer de se déplacer sur ses quatre pattes arrières quand les félins de chez nous devait tenir leur proie dans leurs gueule. Elle semblait agile, souple et vive. Elle possédait une longue queue flexible de bien deux mètres de long se terminant par une lourde masse de corne.

Le cou était court et se terminait par une tête bulbeuse que surmontaient trois paires d’yeux placés vers l’avant. Elle devait avoir une bonne vision en tunnel de chasseur. Probablement une mauvaise vision périphérique, mais j’hésitais, il y avait comme deux protubérances sur les 3/4 arrière du crâne qui me laissaient perplexe. Surement, un organe sensoriel additionnel mais pour quel sens ? vibration ? chaleurs ? olfactif ? Ou bien encore une autre paire d’yeux ? En lieu et place de bouche, elle avait plusieurs paire de mandibules et chélicères capables de broyer les os d’un bœuf comme s’il s’agissait de brindille.

J’avais pu assister à un repas hier à la mi-journée et j’avais déjà une bonne idée de sa manière d’approcher une proie même si celle-ci était pour l’occasion immobile puisqu’il s’agissait d’une demi-vache. Le train arrière pour être plus précis. En dehors de ce moment là, la créature restait immobile, comme assoupie, les yeux mi-clos.

J’attendais, cela ne devrait plus tarder.

À la même heure que la veille, la dresseuse qui jusque là restait allongée sur sa paillasse, à moins de deux mètres de la créature, se redressa soudain.

Elle commença par installer des cordes au sol, formant des cercles, dans toute la pièce, puis agita une espèce de bâton dont l’extrémité crachait des étincelles.

La créature s’agita aussitôt, soudainement complètement alerte et prête à intervenir. Une heure durant, la femelle tenta de guider la créature de cercle en cercle et de lui faire suivre ses ordres. Elle rencontrait un succès mitigé. À la suite de quoi, la séance se termina par la livraison d’un énorme quartier de bœuf. J’observais, patient. Continuant d’engranger les informations.

J’espérais qu’un autre participant atteigne rapidement cette pièce, ainsi je pourrais avoir des informations de combat de première main. Le temps passant, je commençais de plus en plus à douter que cette situation se présente rapidement.

La nuit vint sans que la situation change. Je commençais alors à glisser le long de la paroi rocheuse. Avançant lentement, grignotant peu à peu la distance jusqu’au sol. Par anticipation, je sortais et rentrais mes griffes rapidement avant qu’elles ne viennent cliqueter sur la surface rocailleuse. Arrivé à la distance idoine, je bondis.

J’arrivai quasiment sur la créature quand celle-ci ouvrit les yeux, en alerte. Trop tard. Mes griffes plongèrent dans la chair sur sa nuque et je relâchais aussitôt ma prise, pour bondir à nouveau, sur la femelle cette fois. Elle ne vit rien venir et je la mis en pièce dans l’instant alors que dans mon dos, la queue de la créature vint frapper l’endroit où je me tenais la seconde précédente.

Lentement, elle me fit face, et je me déplaçais doucement pour gagner une position plus centrale dans la pièce, la créature se calquant sur mes mouvements, sa queue battant l’air violemment. Des pointes avaient émergées de la masse de corne, transformant l’extrémité de sa queue en arme mortelle. Un liquide épais coulait de ses blessures, bien moins que je ne l’espérais. Un tigre serait tombé sur le coup, mais elle me faisait face comme si de rien n‘était.

Ses mandibules s’ouvraient et se fermaient par alternance, laissant parfois apparaitre un gouffre de noirceur derrière elles. Ses yeux ne me lâchaient pas un instant. Nous tournions dans la pièce, dans le sens horaire, lentement. Deux minutes, trois minutes, cinq. Elle finit par se lasser et balaya le sol de sa queue, m’envoyant une vague de terre et poussière à la figure. Je m’abaissais au sol, autant que possible, les muscles tendus, prêt à bondir. Ma patte droite protégea ma vision alors que je m’élançais, me propulsant au raz du sol.

Mon pari paya. Après le balayage du sol, la créature avait tenté de me bondir dessus, toute griffe dehors. Ma manœuvre me plaça sous son ventre alors qu’elle me passait au-dessus et j’en profitais pour la labourer de coups durant le bref instant ou je fus à sa portée.

Dès que je pus, je la poursuivis dans le nuage de poussière, cherchant à neutraliser sa queue, ce qui me laisserait plus de marge de manœuvre pour la suite.
Je frappais le vide. Dans le même mouvement, je reçus un coup qui m’envoya bouler au sol et rouler jusqu’à heurter un mur et y rester ainsi à demi-adossé, à demi-avachi, sonné, brisé. Je n’eus pas le temps de me redresser qu’elle était déjà sur moi. Elle avait gagné.

***

Quelque part, loin d’ici, dans une salle emplie de personnes richement vêtues. Les paris allaient bon train. Tous fixaient une paroi de verre où se déroulait un combat opposant une créature à six pattes affrontant un humanoïde masqué dont les habits camouflait tout signe distinctifs comme sa race ou son sexe. À la victoire de la créature, une bonne partie de l’assistance lança des cris de joie et des bourses pleines d’or et joyaux changèrent de mains.

Dans l’ombre, le propriétaire se frottait les mains, la soirée fut fructueuse encore une fois. Il allait de nouveau falloir recruter des imbéciles pour le prochain massacre en direct.


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1 Comment

13 days
Bravo et merci pour ta participation!
Si je puis me permettre un conseil : je trouve tes descriptions un peu lourdes et on a du mal à se représenter les personnages
Mais bravo !
Bon courage pour la suite!
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