Il bat. Il bat et il me fait du mal. Je souffre à cause de lui, je pleure à cause de lui, et si je meurre aujourd'hui se sera à cause de lui. Il est couvert, enduit de mon sang. Il faut que je l'oublie.
Pourquoi ? Parce que sa musique est infernale. C'est dans le silence absolu qu'il est le plus bruyant. Il m'empêche d'accepter sa présence simple et brute, et pourtant il me fait rêver de ne plus l'avoir dans ma vie. Il me fait aimer et souffrir. Il me fait vivre et mourir. Il a tous les droits sur moi puisque je ne peux rien faire pour le controler.
Est-il un tambour ? Non. Et pourtant son martellement constant me rappel les rituels obscures menés par un shaman autour d'un feu de camp. Est-il un meurtrier ? Je ne crois pas, je l'ai toujours connu et je ne le verrais pas me pousser à tuer. Est-il fort ? Non. Il est faible et il ploie, il ploie parce que je ploie, parce que moi je suis faible. Parce que les jolies filles me font rêver et que les jolis garçons me font m'imaginer des choses…
Est-il ivre ? Ivre d'amour, Oui. Est-il pauvre ? Il n'a pas un sou. Est-il inexistant ? On ne peut ni le voir ni le toucher.
Et pourtant qui serait-on ? Qui serais-je sans cette chose ? Sans cet astre que l'on me dit souvent - parfois pour de bon, parfois en riant - de suivre allegrement ? Des machines infernales, des hommes qui ne sont pas plus animaux que choses. Des êtres rationels surement, qui penseraient avec le cerveau.
Je refuse de l'oublier. Et pourtant ce ne sont pas les coups, pas les mots, pas les regards qui me font souffrir mais bel et bien les sentiments qu'il m'inspire.
J'aime beaucoup ton texte et la façon dont il utilise le rythme (en particulier les passages là où les phrases sont très courtes, on retrouve le battement).
Au plaisir de te lire de nouveau :D