18/08/2025
Prologue
Le golem de fari
À l’orée de la capitale d’Altéa, la boulangerie de maître Bricourt s’éveillait dans un parfum de pain chaud et de tartes aux fruits rouges. Les vitres dorées reflétaient la lumière du matin, projetant des éclats doux sur les pavés humides. Le soleil filtrait à peine entre les tours et les cheminées, mais la vitrine brillait comme un trésor caché, promettant douceur et réconfort à tous ceux qui s’approchaient. Pourtant, derrière ces senteurs sucrées et ces étalages appétissants, un secret ancien dormait depuis des siècles.
Ce matin-là, une agitation inhabituelle secouait la boutique. Le vent sifflait dans les ruelles, faisant tinter les clochettes de la porte d’entrée. Et sur le seuil, un spectacle étrange frappait les yeux : un golem, façonné dans la farine et l’eau, se dressait avec une rigidité incertaine. Sa silhouette tremblait comme si chaque mouvement exigeait un effort immense. La pâte, encore humide, formait des bras et des jambes, maladroits, mais solides. Sur son front, gravé à même la farine, des mots faisaient frissonner ceux qui osaient les lire : Les Royaumes sont en danger. La Quête commence.
Trois enfants se tenaient à quelques pas, immobiles, incapables de détourner le regard. Emyra, aux yeux brillants et aux cheveux tirés en une natte maladroite, serrait son panier de pain comme un talisman. Lior, le plus réservé, observait chaque mouvement avec un mélange de peur et de curiosité. Phael, le plus impulsif, avançait d’un pas, prêt à défier l’inexplicable.
— Qu’est-ce que c’est que ça, souffla Emyra, sa voix tremblante mais déterminée.
— Une créature de farine, mais pas n’importe laquelle, murmura Lior, ses doigts serrant la lanière de son sac. On dirait qu’elle… parle…
— Parle ou menace, ça reste à voir, renchérit Phael, son regard brillant d’excitation et d’inquiétude mêlées.
Le golem cligna lentement ses yeux sombres, faits d’une pâte plus compacte, et sa voix résonna, grave et profonde malgré la fragilité apparente de son corps.
— Orphelins, le temps presse. Le Royaume d’Altéa vacille. Le trône est menacé, et la magie s’affaiblit. Votre destin vous choisit maintenant.
Le trio recula d’un pas, heurtant la vitrine. Le verre trembla, et la lumière du soleil projeta des éclats dans leurs yeux.
— Pourquoi nous ? Demanda Emyra, le souffle court. Nous ne sommes que des enfants…
— C’est précisément pour cela, répondit le golem, chaque mot vibrant dans l’air. Ceux qui ont du sang noble ou des pouvoirs anciens ne peuvent voir. Vous, vous êtes invisibles aux yeux des ennemis et des sorcières. Votre courage sera votre arme.
Lior échangea un regard avec Emyra. Leurs cœurs battaient à l’unisson, un mélange de peur et d’exaltation. Phael, lui, leva le poing vers le ciel, comme pour défier l’invisible.
— Alors on part quand ? Lâcha-t-il sans attendre. Parce que je n’ai pas envie que des sorcières nous trouvent avant d’avoir commencé.
Le golem fit un pas maladroit vers eux. La farine craquait sous ses pieds, et une légère poussière blanche s’élevait autour.
— Vous devez quitter cette ville avant la fin du jour. Le coup d’état se prépare. Les Royaumes voisins ne sont pas tous innocents. Même les alliés peuvent trahir.
Emyra baissa les yeux, un frisson la parcourant.
— Et maître Bricourt ? Demanda-t-elle. Il saura ce qui se passe ?
— Il protégera la boulangerie, mais il ne peut pas vous suivre, répondit le golem. Vous serrez seuls. Mais la magie vous guidera si vous avez confiance.
Les enfants se serrèrent les coudes. Lior inspira profondément, rassemblant son courage, tandis que Phael tapotait déjà le sol, impatient de bouger.
— On ne peut pas rester ici à attendre que tout explose, dit-il. On doit agir.
— Et qu’est-ce qu’on fait exactement ? Demanda Emyra. On part à l’aventure avec un golem de farine qui parle et basta.
Le golem hocha lentement la tête.
— Vous devez retrouver les Cristaux d’Altéa. Ils sont dispersés à travers les Royaumes. Chaque cristal contient une part de magie essentielle pour sauver le trône et repousser la guerre. Sans eux, le royaume tombera dans l’obscurité.
— La guerre… Murmura Lior. C’est… réel alors ?
— Plus réelle que ce que vous pouvez imaginer, répondit le golem. Les sorcières chassent les innocents pour récupérer la magie. Certains nobles complotent pour renverser le roi. Et dans l’ombre, une armée s’assemble.
Phael, les poings serrés, fit un pas en avant.
— Alors on va leur montrer que trois orphelins peuvent faire trembler des armées, lâcha-t-il avec un sourire carnassier.
Emyra secoua la tête, mais un petit sourire s’esquissa sur ses lèvres. Lior, quant à lui, sentait son courage grandir malgré la peur.
Le golem leva un bras et pointa vers la sortie de la boulangerie.
— Le premier cristal se trouve dans la forêt des Brumes, à l’est de la capitale. Vous devez traverser la ville sans attirer l’attention. Les gardes, les espions et les sorcières vous observent.
Emyra sentit son estomac se nouer. Traverser la ville, affronter la magie noire, découvrir des Royaumes inconnus… Tout cela était impossible. Pourtant, elle ne pouvait pas reculer.
— On n’a jamais fait ça, dit-elle, la voix plus ferme. Mais on doit le faire.
— Alors ne perdez pas de temps, dit le golem. La Quête commence maintenant. Chaque pas que vous ferez vous rapprochera de votre destinée, mais attention, chaque erreur peut coûter cher.
La porte de la boulangerie grinça lorsque les enfants sortirent, unissant leurs mains comme pour se protéger mutuellement. La farine du golem s’élevait encore, créant un nuage blanc autour d’eux. L’air embaumait toujours le pain chaud, mais un vent étrange, chargé de magie, soufflait entre les rues.
Dans les ruelles sombres, des silhouettes apparaissaient et disparaissaient. Des murmures glissaient le long des murs, et la ville retenait son souffle. Les enfants avançaient, conscients que chaque instant pouvait changer leur vie à jamais.
— Vous êtes sûrs que c’est le bon moment pour une balade matinale ? Murmura Lior en regardant autour de lui. Il me semble que la ville entière nous observe.
— C’est ça ou rester à mourir de curiosité dans une boulangerie, répondit Phael avec un clin d’œil. Moi, je choisis l’aventure.
— L’aventure, oui, mais prudence, ajoute Emyra. La magie ne pardonne jamais l’imprudence.
Le golem les suivait, ses pas résonnant comme un avertissement dans la cité encore endormie. Les enfants sentaient la farine se mêler à l’air humide et magique, comme une aura protectrice mais fragile.
Et alors qu’ils disparaissaient au coin de la rue, un frisson parcourut la capitale. Les Royaumes allaient bientôt trembler, et la guerre approchait. Mais trois orphelins, liés par un destin inattendu, étaient désormais le dernier espoir d’Altéa.
Le pain, les tartes, la boulangerie de maître Bricourt – tout allait bientôt devenir souvenir. Les rues, les Royaumes, les sorcières et les complots attendaient leur courage, leur ingéniosité et leur amitié. Et derrière chaque coin, le danger et la magie dansaient ensemble, prêts à mettre leur force et leur loyauté à l’épreuve.
Le golem de farine, solide malgré sa fragilité, les guidait dans cette première étape d’une Quête qui allait changer non seulement leur vie, mais l’avenir de tous les Royaumes d’Altéa
Et les mots gravés sur son front brillaient toujours dans le vent du matin : Les Royaumes sont en danger. La Quête commence.
19/08/2025
Chapitre 1
La quête commence
La lumière du matin filtrait à travers les arbres de la forêt d’Altéa, dessinant des motifs mouvants sur le sol couvert de feuilles humides et de mousse. Emyra, Lior et Phael suivaient le golem de farine sans un mot, captivés par ses gestes mécaniques mais étrangement précis. Chaque pas réveillait une magie ancienne, une vibration invisible qui parcourait l’air et faisait frissonner leurs épidermes.
Emyra tendait les mains, comme pour toucher quelque chose qui n’existait pas, et sentait les esprits de la forêt frôler ses doigts. Les feuilles bruissaient sans vent, les fleurs s’inclinaient légèrement à leur passage, et l’ombre des arbres se mouvait avec une conscience propre.
— Tu crois qu’il nous emmène vers un trésor ou vers un piège mortel, murmura Lior, ses yeux scrutant chaque racine et chaque tronc comme s’il traquait un ennemi invisible.
— Peut-être les deux, répondit Phael, en posant sa main sur la rune gravée dans sa paume.
Elle s’illumina faiblement, émettant une lueur bleutée dès qu’ils approchaient d’un artefact ancien ou d’un rocher couvert de mousse.
Le golem ne se retournait jamais, mais ses pas résonnaient comme un appel. Les enfants comprirent vite que leur quotidien paisible, avec les matins à la boulangerie de maître Bricourt et les tartes aux fruits rouges, avait été balayé par quelque chose de plus vaste, de plus ancien. Les Royaumes d’Altéa, murmuraient les légendes oubliées, étaient menacés par un coup d’état ourdi par la mystérieuse Confrérie des Ombres. Des sorcières chassées, des alliances rompues, des guerres à venir… Le golem les conduisait vers le cœur de cette tempête.
— Regarde, chuchota Emyra, en désignant une clairière où la lumière formait un cercle parfait autour d’un arbre solitaire.
Des runes anciennes y étaient gravées, à moitié effacées par le temps.
— On dirait que ma rune réagit… Murmura Phael, ses yeux écarquillés.
La lumière bleutée dans sa main dansait et pulsait à mesure qu’ils s’approchaient. Lior se pencha sur un petit buisson couvert de baies luminescentes, notant mentalement les dangers.
Emyra rit doucement, mais son regard restait fixé sur le golem. Il s’était arrêté au pied d’un rocher couvert de mousse, et ses doigts de farine effleuraient une gravure ancienne. Une brume légère émana du sol, et les enfants eurent le sentiment que la pierre respirait.
— Que fait-il ? Demanda Phael, fasciné.
— Il active la magie ancienne, je crois, souffla Emyra. Son cœur battait plus vite.
Tout ce qu’ils avaient lu dans les livres de la bibliothèque de la capitale d’Altéa prenait vie devant eux.
Soudain, un craquement retentit dans les bois. Un groupe de corbeaux s’envola en criant. Le golem tourna lentement la tête vers le bruit, et une lueur rouge traversa ses yeux faits de pâte et de farine. Les enfants sursautèrent.
— On n’est pas seuls, murmura Lior, les yeux rivés sur les ombres mouvantes.
Un souffle chaud passa à travers la clairière, comme si la forêt elle-même les avertissait. Puis des silhouettes émergèrent derrière les arbres : des chasseurs de sorcières, vêtus de noir, portant des crochets et des fioles de poudre d’argile. Leur chef s’avança, une longue cape flottant derrière lui, le regard cruel.
— Vous n’avez rien à faire ici ! Cracha-t-il.
— Peut-être, répondit Phael, sa main brillant intensément.
La rune projetait une lumière qui formait un bouclier fragile mais suffisant pour repousser le premier assaut de poudre d’argile.
Emyra serra les poings. Elle avait toujours eu peur de la magie, mais maintenant, elle sentait qu’elle faisait partie d’elle. Les esprits de la forêt semblaient danser autour d’eux, prêts à les protéger.
— On ne va pas se laisser avoir par une bande de chasseurs, lança-t-elle, déterminée.
— C’est clair, ajouta Lior, et si tu te mets en travers de mon chemin, tu regretteras de ne pas avoir choisi un autre jour pour attaquer.
Le golem se plaça devant eux, énorme et imposant. Sa voix résonna, grave et lente, comme un écho des âges passés.
— La Quête commence. Ceux qui marchent avec la lumière ne doivent pas craindre l’ombre.
Les enfants échangèrent un regard, un mélange de peur et d’excitation. Phael, Emyra et Lior comprirent que la quête ne serait pas seulement une aventure, mais un combat pour la survie des Royaumes. Et peut-être, pour la leur aussi.
Ils avancèrent à travers les sentiers sinueux, découvrant que la forêt elle-même les guidait. Des champignons phosphorescents balisaient des chemins secrets, des ruisseaux murmuraient des avertissements, et des animaux d’apparence ordinaire – écureuils, cerfs, corbeaux – portaient en réalité des éclats de magie ancienne. Chaque rencontre renforçait leur lien, et chaque obstacle éveillait en eux des dons qu’ils ne soupçonnaient pas.
— C’est incroyable, souffla Emyra, fascinée par une fleur qui s’ouvrait au contact de sa main.
— Incroyable ou dangereux, rétorqua Lior.
Il s’accroupit et nota sur un carnet invisible les pièges naturels et les passages dissimulés, anticipant chaque risque.
Phael, quant à lui, sentait la rune s’échauffer et s’illuminer à chaque artefact rencontré. Une vieille stèle recouverte de mousse révéla un symbole que seul son bras pouvait décrypter. La lumière bleue se mêla à celle de la forêt, dessinant un chemin qui menait vers un sommet lointain.
— Je crois que c’est là qu’on doit aller, dit-il. La voix tremblante de peur se mélangeait à l’excitation.
Le soleil descendait lentement derrière les collines, teintant la forêt de rouge et d’or. La brise portait des effluves de pain chaud et de fruits rouges, souvenirs de la boulangerie de maître Bricourt, et paradoxalement, un peu de réconfort dans ce chaos naissant.
— On ne peut pas reculer maintenant, murmura Emyra, en serrant les poings.
— Et on ne reculera pas, ajouta Lior, la mâchoire serrée.
— Alors marchons vers le futur, ou vers l’aventure la plus folle de notre vie, souffla Phael, en suivant le golem qui avançait d’un pas sûr, comme s’il connaissait déjà chaque recoin de cette forêt mystérieuse.
Les ombres s’allongeaient, et la nuit approchait. La magie se faisait plus dense, presque palpable, et les enfants comprirent que chaque pas les rapprochait d’un monde où le danger et la beauté coexistaient dans un équilibre fragile. Leurs cœurs battaient au rythme du suspense, et leurs esprits, éveillés, cherchaient à comprendre le sens de cette quête.
Des murmures résonnaient autour d’eux, des voix anciennes qui parlaient de royaumes menacés, de trahisons, de sorcières cachées et de batailles à venir. La forêt, vivante et consciente, semblait leur dire : vous êtes les élus, et l’avenir dépend de vos choix.
— On est prêts ! Déclara Emyra, la voix ferme malgré le tremblement de ses mains.
— Toujours prêts, confirma Lior, en vérifiant une dernière fois les pièges naturels autour d’eux.
— Alors que la magie nous guide, dit Phael, et que notre courage ne flanche jamais.
Le golem s’arrêta au bord d’une rivière aux eaux translucides, les invitant à franchir un passage invisible pour les humains. La lumière de la rune se projeta sur l’eau, révélant des pierres flottantes, formant un pont fragile mais sûr. L’aventure venait de commencer, et avec elle, le frisson de l’inconnu et la promesse que rien ne serait jamais comme avant.
La forêt d’Altéa retenait son souffle, prête à révéler ses secrets, et les trois orphelins comprirent que ce chemin les mènerait non seulement vers la survie des Royaumes, mais aussi vers la découverte d’eux-mêmes et de pouvoirs insoupçonnés. Chaque arbre, chaque brise, chaque lumière dansante portait un message : le monde change, et seuls ceux qui osent affronter l’ombre peuvent espérer le protéger.
Et la Quête, celle qui changerait leur destin à jamais, venait de commencer.
20/08/2025
Chapitre 2
Les Sylphes
Le soleil avait à peine franchi la cime des arbres que le trio avançait encore dans la forêt, suivant les traces du golem comme si chaque pas les rapprochait d’un monde inconnu. La magie vibrante de la forêt les enveloppait, plus présente que jamais. Des frissons parcouraient la nuque d’Emyra, qui sentait les esprits de l’air tourner autour d’eux, curieux et espiègles. Les feuilles s’agitaient sans vent, et parfois un murmure résonnait à ses oreilles, comme si la forêt voulait leur parler.
— Cette forêt n’est pas seulement vivante, souffla Emyra en caressant l’écorce d’un arbre géant. Elle nous observe.
— Elle teste notre patience, ajouta Lior en levant une main pour repousser une branche basse, chaque pas calculé avec précision. Nous devons garder l’œil ouvert, les racines, les pierres et même les brins d’herbe peuvent devenir pièges.
Phael, les yeux fixés sur sa rune, s’immobilisa soudain. Une lumière bleutée jaillissait de son pendentif, projetant de petites lueurs sur le sol.
— La rune s’active, murmura-t-il. Chaque artefact ancien que nous rencontrons la fait vibrer… j’ai l’impression qu’elle me guide, qu’elle veut que je voie quelque chose de précis.
Ils continuèrent, mais un souffle d’air plus puissant que le vent les fit reculer. Trois silhouettes translucides apparurent, tournoyant avec légèreté, leurs cheveux flottant comme des nuages. Les sylphes des vents étaient là.
— Qui ose pénétrer notre domaine sans offrir un respect sincère demanda la voix harmonieuse de la sylphe principale.
Emyra se redressa, inspirant profondément, et laissa sa magie circuler dans ses mains, formant un halo de lumière douce qui caressait les sylphes sans les effrayer.
— Nous ne cherchons pas le conflit, répondit-elle avec assurance. Nous voulons comprendre, apprendre et protéger.
Lior esquiva un courant d’air capricieux qui s’était transformé en barrière invisible, ses yeux scrutant la moindre faiblesse dans le champ d’obstacles.
— Si c’est un test, ajouta-t-il, alors considérez que nous sommes prêts. Je ne reculerai pas devant ce qui est devant nous, même si c’est le vent lui-même.
Phael, lui, sentit sa rune pulser plus fort que jamais. La lumière se déplaçait, dessinant un chemin dans l’air vers les sylphes, et il comprit que sa destinée était plus liée à cette magie ancienne qu’il ne l’avait jamais imaginé.
— Vous n’êtes pas ici par hasard, dit l’un des sylphes, sa voix comme un souffle d’ouragan. La rune qui brille sur votre poitrine révèle un lien ancien, un contrat oublié entre le monde des hommes et celui des éléments.
Emyra concentra ses forces et étendit ses bras. Le vent se calma, comme si chaque mouvement de sa magie apaisait la tempête qui grondait autour d’eux. Les sylphes tournoyèrent en cercle, leurs voix s’élevant en une mélodie étrange mais douce.
— Impressionnant, reconnut la sylphe principale. Votre courage est intact, et votre sincérité est palpable. Vous êtes dignes de connaître notre secret.
Elle fit un geste, et un passage invisible se révéla, formé par des feuilles et des tourbillons d’air. Un sentier aérien menait vers une vallée cachée, inaccessible aux humains ordinaires.
— La vallée des golems, murmura Lior en observant le chemin. Si nous réussissons, elle pourrait contenir des réponses sur notre quête… et sur la menace qui plane sur le royaume.
— Pourquoi nous confier cette mission demanda Phael. Nous sommes encore si jeunes.
— Parce que le monde change, répondit la sylphe. Les royaumes tremblent, des coups d’état se préparent, et la magie ancienne se réveille. Vous devez apprendre à voir ce que les yeux humains ne perçoivent pas.
Emyra hocha la tête, sentant une responsabilité immense peser sur ses épaules.
— Alors, nous irons, dit-elle, et nous protégerons ce que nous devons protéger. Même si cela nous demande de traverser les tempêtes, littéralement et figurativement.
Le chemin vers la vallée des golems ne fut pas simple. Le vent formait des murs invisibles, des rafales soudaines et des pièges naturels qui pouvaient déséquilibrer n’importe qui. Lior se montra ingénieux, utilisant les branches comme balanciers, sautant avec précision d’une pierre à l’autre, évitant les pièges d’air et de végétation.
— Emyra, à gauche ! Cria-t-il alors qu’un tourbillon de feuilles menaçait de l’engloutir.
Emyra tourna son énergie en bouclier, laissant la lumière de ses mains repousser le vent assez longtemps pour que le trio puisse passer.
— Merci, souffla-t-elle en reprenant son souffle. Je crois que ce vent ne plaisante pas avec nous.
Phael, intrigué, suivait les motifs de lumière de sa rune. Chaque fois qu’il approchait d’un ancien artefact caché dans la forêt, la rune vibrait plus fort, révélant une carte invisible des lieux et des dangers.
— Les sylphes n’ont pas menti, dit-il. Mon lien avec cette magie est réel. Et je sens… que tout ce qui nous attend dans cette vallée sera plus grand que nous.
Enfin, après une succession de défis et de turbulences, ils atteignirent l’entrée de la vallée, cachée derrière une cascade d’air et de lumière. Les golems y dormaient, gigantesques, faits de pierre et de racines, mais leurs yeux s’ouvrirent lentement lorsqu’Emyra s’approcha.
— Les gardiens de la vallée, murmura Lior. Si l’on ne gagne pas leur confiance… nous pourrions être écrasés avant même de comprendre leur rôle.
Emyra fit un pas en avant, posant sa main sur la pierre d’un des golems. Une chaleur douce remonta dans son bras, et les runes gravées sur le corps de la créature s’illuminèrent.
— Il semble que nous soyons acceptés, dit-elle avec un sourire hésitant. Mais je sens que ce n’est qu’un début.
Les sylphes réapparurent, flottant autour d’eux comme des nuages lumineux.
— Votre première mission ne fait que commencer, avertit la sylphe principale. La vallée contient des secrets anciens, des artefacts capables de changer le cours des guerres et de protéger les royaumes… mais elle attire également ceux qui voudraient les détruire. Votre courage et votre loyauté seront testés plus d’une fois.
Lior croisa les bras, un sourire en coin, défiant presque le vent :
— Si vous pensiez que trois orphelins ordinaires ne pouvaient pas relever le défi, vous vous trompiez. Nous avons survécu à la forêt, nous pouvons survivre à tout.
— N’allez pas croire que la magie ancienne se soumet aussi facilement, prévint Phael. Et moi, je n’ai pas encore découvert toutes les limites de ma rune.
— Alors, on découvre ensemble, conclut Emyra. Chaque épreuve, chaque souffle de vent, chaque pierre ici a un but. Et nous le trouverons.
Un dernier souffle d’air emporta les sylphes au loin, laissant le trio seul devant la vallée. Les golems s’éveillaient lentement, surveillant chaque pas des nouveaux arrivants. La lumière des runes et des artefacts anciens éclairait à peine le chemin, créant des ombres mouvantes et des formes étranges dans les recoins de la vallée.
— Vous sentez ça ? demanda Lior en tendant la main vers un bloc de pierre qui pulsait légèrement. Ce n’est pas qu’un décor. Ces golems, cette vallée… tout est vivant.
— Et nous ne sommes que des invités, ajouta Phael. Mais nos choix ici pourraient décider du sort de royaumes entiers.
Emyra inspira profondément, laissant son regard se perdre sur les runes et la pierre qui vibraient sous ses doigts. Une aventure venait de commencer, bien plus vaste que tout ce qu’ils avaient connu. La quête pour protéger les artefacts anciens, pour déjouer les coups d’état, pour comprendre la magie qui avait toujours été autour d’eux mais jamais révélée, venait de prendre forme.
Le vent souffla à nouveau, cette fois comme un encouragement, et Emyra sut que les sylphes n’avaient pas seulement testé leur courage. Ils leur avaient montré le chemin.
— Allons-y, dit-elle. La vallée nous attend, et chaque secret découvert sera une étape de plus vers notre véritable destin.
Le trio s’avança prudemment, le cœur battant à l’unisson, prêt à découvrir les mystères cachés dans cette vallée de golems, au milieu des artefacts anciens et des vents capricieux. Chaque pas promettait un nouveau défi, un nouvel allié, ou peut-être un danger inattendu. L’aventure ne faisait que commencer, et avec elle, l’espoir, la peur, et la certitude que leur amitié serait leur plus grande force.
21/08/2025
Chapitre 3
Ombres et secrets
La forêt s’étendait devant eux comme un océan de vert sombre, chaque arbre semblant se pencher pour observer les trois jeunes voyageurs. Les feuilles craquaient sous leurs pas, mais parfois le bruit était trop calculé, comme si quelqu’un ou quelque chose suivait leur progression. Lior avançait en tête, ses yeux perçants scrutant les sous-bois, tandis qu’Emyra et Phael restaient légèrement en retrait, sur le qui-vive.
— Vous sentez ça ? Chuchotait Lior en s’arrêtant net
— Quoi ? Demandait Emyra en fronçant les sourcils
— Ce silence… il n’est jamais naturel dans cette forêt, répondit-il en resserrant sa cape
Phael passait ses doigts sur la rune gravée dans sa paume, la sensation de vibration se renforçant à chaque pas, comme si la magie ancienne l’avertissait d’un danger imminent.
— Ma rune… Souffla-t-il, elle vibre plus fort que jamais. Quelque chose approche
Les arbres se tordaient légèrement sous un vent invisible, et des ombres glissaient entre les troncs, trop rapides pour être humaines. Les trois orphelins comprirent qu’ils n’étaient pas seuls. Les espions du royaume déchu, toujours à la recherche des artefacts et de ceux capables de les retrouver, les traquaient avec une précision inquiétante.
— Ils nous observent, murmura Emyra, je le sais. Mais… pourquoi ?
— Parce qu’ils savent que nous ne sommes pas ordinaires, répliqua Lior en posant une main sur la garde de sa dague. Et que chaque pas nous rapproche de quelque chose qu’ils veulent eux aussi
À chaque bruissement de feuilles, à chaque craquement de branche, le trio retenait son souffle. Phael sentit une tension s’insinuer dans l’air, comme si la forêt elle-même voulait les tester. La magie noire corrompait certaines créatures, les transformant en gardiens inquiétants et imprévisibles. Un cerf majestueux surgit soudain, mais ses yeux brillaient d’une lueur malsaine, et il fixait le trio avec une intelligence inquiétante.
— Reculez… doucement, dit Emyra en étendant ses mains, la magie de l’air créant une barrière de brume légère
— Il va nous charger, prévint Lior, prêt à esquiver
Le cerf s’arrêta à quelques mètres, reniflant l’air, mais Emyra canalisa son pouvoir avec concentration, apaisant la créature. La brume autour d’elle vibrait d’une lumière douce, et le cerf finit par baisser la tête avant de disparaître entre les troncs.
— Tu contrôles mieux ton don que je ne l’aurais cru, commenta Lior avec un sourire en coin
— Et toi, tu comptes toutes tes pirouettes comme si tu faisais de la gymnastique, ricana Phael en glissant derrière un arbre
Leur rire se mêla au vent, mais il dura à peine. Des murmures étouffés et des pas feutrés se rapprochaient. Des silhouettes se dessinaient entre les arbres : des espions portant les couleurs du royaume déchu. Ils n’étaient pas là pour discuter.
— On n’a pas le choix, murmura Phael, il faut les distancer
— Ou les attirer dans un piège, proposa Lior, ses yeux pétillant d’ingéniosité
Ils s’enfoncèrent dans un passage étroit entre deux collines couvertes de fougères, et Lior utilisa des branches et des pierres pour créer des obstacles improvisés. Chaque piège ralentissait les poursuivants, et chaque détour rapprochait le trio de leur objectif.
— Bien joué, lâcha Emyra en observant la dernière embuscade improvisée
— L’ingéniosité est mon deuxième prénom, répliqua Lior avec un clin d’œil
Mais la forêt n’était pas seulement un terrain de jeu pour l’ingéniosité. La magie noire se faisait sentir dans l’air, et des créatures mineures, corrompues, tentaient de les encercler. Phael sentit la rune brûler dans sa paume, une chaleur étrange qui lui donnait une force qu’il n’avait jamais connue.
— Je crois que… je peux… créer un passage sûr, murmura-t-il, la voix tremblante mais déterminée
— Fais-le, l’encouragea Emyra, on te couvre
Une lumière douce jaillit de la rune, éclairant un chemin invisible entre les arbres, repoussant les créatures et offrant un passage sûr. Le trio s’y engouffra, le souffle court, le cœur battant à tout rompre.
— On est encore vivants, dit Lior avec un mélange de fierté et de soulagement
— Pour combien de temps ? Demanda Emyra, méfiante, en scrutant les ombres derrière eux
Ils continuèrent ainsi, avançant prudemment mais résolus, jusqu’à ce qu’une clairière apparaisse, baignée par la lumière du soleil couchant. La tension retomba légèrement, et le trio put enfin échanger quelques mots sans se préparer au combat immédiat.
— On a bien tenu le coup, remarqua Phael, la rune ne s’est jamais arrêtée de vibrer depuis ce matin
— Elle te dit des choses, ta rune, ajouta Emyra. Des secrets. Des dangers. Et peut-être… ta destinée
— Ma destinée… Souffla Phael, un frisson le parcourant. Je sens que ce que nous faisons maintenant changera tout
Le trio reprit son souffle, mais l’air restait lourd de mystères. Chaque pas les rapprochait non seulement des golems, mais aussi des vérités cachées sur le royaume déchu, la guerre ancienne et les complots en cours. Lior, toujours à l’affût, repéra des traces de pas et de griffures sur les troncs d’arbres, signes que les créatures corrompues avaient été là récemment.
— On n’est pas les seuls à chercher la vallée des golems, commenta-t-il, et ceux qui nous suivent ne reculeront devant rien
— Alors il faudra être plus rapides et plus malins qu’eux, répliqua Emyra avec détermination
Le soir tombait, enveloppant la forêt dans une obscurité presque totale. Les ombres s’allongeaient et prenaient vie, se faufilant entre les arbres. Les jeunes orphelins installèrent un camp discret, utilisant la magie d’Emyra pour créer un cercle de protection léger. Autour du feu improvisé, ils échangèrent des confidences et des stratégies.
— Je n’ai jamais eu de famille… mais avec vous, c’est différent, murmura Phael, les yeux rivés sur la flamme
— On est des orphelins unis par le hasard et la magie, répondit Lior, et le hasard a un sens quand on est ensemble
— On va trouver cette vallée et découvrir pourquoi nous avons été choisis, ajouta Emyra, plus convaincue que jamais
La nuit avançait, et avec elle, des murmures lointains résonnaient entre les arbres. Des secrets oubliés, des complots liés au coup d’état et à la chasse aux sorcières, des indices sur la guerre entre royaumes anciens… tout convergeait vers le trio. Chaque ombre devenait une énigme à déchiffrer, chaque bruit une alerte.
— Si on n’est pas prudents, souffla Phael, la vallée des golems pourrait être une embuscade
— Et si c’est le cas, on s’en sortira ensemble, répondit Emyra en serrant la main de Lior
— Ensemble, répétait Lior avec un sourire qui mêlait défi et affection
Alors que le vent soufflait à travers les branches, transportant l’odeur de pâtisseries et de bois brûlé des villages voisins, le trio sut que leur amitié et leur courage allaient être testés au-delà de tout ce qu’ils avaient connu. La forêt était vivante, pleine de secrets et de dangers, mais aussi de promesses et de magie ancienne.
Et dans l’obscurité mouvante, les ombres continuaient de les observer, silencieuses et patientes, sachant que chaque décision, chaque mouvement, pourrait changer le cours de leur quête et le destin du royaume.
22/08/2025
Chapitre 4
Le pont de cristal
La rivière étincelante s’étirait devant eux comme un ruban de lumière, ses eaux miroitantes traversées par des courants étrangement mouvants. Chaque onde vibrait d’une magie ancienne, palpable et dangereuse, et le trio comprit qu’aucune traversée ne serait simple. Le pont de cristal qui se dressait au-dessus était fragile, presque irréel, comme s’il pouvait disparaître à tout instant sous leurs pas.
— Vous êtes sûrs que c’est là le seul passage ? Demanda Lior, son regard scrutant la surface translucide qui tremblait sous le vent.
— Selon ma rune, c’est bien ici, répondit Phael, la main posée sur la pierre magique suspendue à son cou. Il plissait les yeux, suivant un motif que lui seul pouvait déchiffrer.
Emyra s’avança, la baguette fermement tenue, ses doigts frôlant le cristal. Elle sentait les vibrations magiques, les flux qui s’entrechoquaient sous la surface.
— On n’a pas le choix, murmura-t-elle. Si on recule maintenant, on se retrouve coincés entre la rivière et la forêt corrompue.
Lior grinça des dents, mais acquiesça. Il commença à examiner les fixations du pont, les cordages magiques qui paraissaient le maintenir. Rapidement, il improvisa un système de poulies et de leviers à partir des pierres et des branches qu’ils avaient ramassées, créant un renfort temporaire qui tiendrait le temps qu’ils passent.
— Ça devrait tenir juste assez longtemps pour qu’on traverse, dit-il en martelant le dernier nœud. J’ai fait plus fragile dans ma jeunesse pour tenir des golems enrhumés, alors je pense qu’on s’en sortira.
— Ou on aura l’occasion de tester notre destin avant l’heure, répliqua Phael, un sourire amusé sur les lèvres, tout en restant attentif à la rivière.
La première marche sur le cristal fit vibrer le pont. Un frisson parcourut Emyra. La magie du lieu était vivante, et chaque pas éveillait des ondulations qui secouaient la structure. Elle leva sa baguette et murmura des formules anciennes. Des filaments de lumière s’enroulèrent autour des fissures, stabilisant le passage sous leurs pieds. Le cristal scintilla, et le pont retrouva une solidité temporaire.
— Merci pour le coup de magie, lança Lior avec un clin d’œil. À deux, on aurait dû traverser à la nage, et je ne suis pas sûr que mes talents de mécanicien suffisent sous l’eau.
— Je crois que même tes golems auraient hésité à s’aventurer là-dedans, répliqua Phael, et le ton de sa voix laissait percevoir un amusement sincère.
Ils progressèrent lentement, le vent chargé de particules scintillantes fouettant leurs visages. La rivière émettait un murmure hypnotique, et des silhouettes fantomatiques flottaient parfois sous la surface. Des créatures corrompues par la magie noire tentaient de saisir les intrus, mais le trio était alerte. Emyra agitait sa baguette avec précision, repoussant les mains éthérées qui surgissaient pour les attraper.
— On dirait que la rivière ne veut pas qu’on passe, observa Emyra, sa voix tendue mais contrôlée.
— Et elle n’a pas tort de se méfier, ajouta Lior en ajustant le renfort du pont. Croyez-moi, cette rivière a un sens de l’humour particulier pour ceux qui osent la défier.
Phael s’arrêta un instant, posant sa main sur la surface cristalline. Ses yeux s’éclairèrent, et il murmura :
— Il y a un passage caché. Il ne se montre pas à tous, mais ma rune me guide. Suivez-moi.
Emyra et Lior se regardèrent, hésitants. Les courants étaient violents, et le pont vibrait dangereusement. Pourtant, la confiance qu’ils avaient forgée dans la forêt les poussa à suivre Phael. Il s’accroupit, posa ses mains sur une fissure presque invisible, et le cristal s’ouvrit en un portail translucide qui les engloutit dans une lumière douce. Ils se retrouvèrent sur une corniche de pierre stable, à l’abri du courant.
— Bien joué, lança Emyra, la baguette toujours prête. Cette rivière ne nous aura pas.
— Et je suppose que mes poulies ont servi à quelque chose au final, souffla Lior, essuyant la sueur de son front.
Le trio reprit son souffle, admirant la beauté étrange de la rivière. Les courants brillaient comme des flammes liquides, mais la lumière se faisait moins oppressante à distance. Ils découvrirent sur la rive un petit gnome en boulangerie, ou plutôt une créature qui ressemblait à un pâtissier miniature, penché sur un four improvisé. La magie du pont avait attiré des êtres neutres, protégés par la pureté de l’eau.
— Je crois qu’on vient de franchir un obstacle qu’aucun orphelin ou aventurier n’aurait osé traverser, murmura Phael. Et pourtant, nous y sommes parvenus ensemble.
Lior haussa un sourcil.
— Parfois, je me demande si on survit grâce à nos talents ou juste parce que tu fais des miracles avec ta rune.
— Probablement les deux, répliqua Emyra avec un sourire. Mais sans le mécanisme de Lior et la magie stabilisatrice, on aurait fini dans la rivière.
Une silhouette sombre surgit derrière eux, surgie de nulle part. Un espion du royaume déchu, vêtu de noir, armé d’un bâton enchanté, les observait avec méfiance. Ses yeux brillaient d’une lueur malveillante, et il ne tarda pas à s’élancer vers eux. Le trio se plaça en position de défense.
— On dirait que la rivière n’est pas le seul danger aujourd’hui, murmura Phael. La chasse continue.
— On ne va pas lui faciliter la tâche, ajouta Lior, prêt à improviser une attaque mécanique.
La confrontation fut rapide. Emyra lança des sorts lumineux, tandis que Phael utilisait ses runes pour créer des barrières protectrices. Lior fit tomber des rochers et activa des mécanismes improvisés qui retenaient l’ennemi. Le pont trembla sous la magie et les mouvements, mais le trio garda son équilibre, repoussant l’espion jusqu’à ce qu’il disparaisse dans un nuage de fumée noire.
— Je crois qu’on peut dire que ce pont a été notre premier vrai test collectif, dit Emyra, essoufflée mais satisfaite.
— Test réussi, confirma Phael, et je crois que nos talents sont désormais liés.
— À condition que personne ne décide de faire un coup d’état sur nos talents avant la fin de cette quête, ajouta Lior en riant.
Le pont de cristal derrière eux scintillait encore, et la rivière les observait. Le trio comprit qu’il ne s’agissait pas seulement de traverser une rivière : il s’agissait de comprendre qu’ils étaient plus forts ensemble, que chaque don, chaque idée et chaque intuition comptait. Ils avancèrent enfin vers la forêt qui s’étendait au-delà, là où de nouvelles épreuves, des golems, des royaumes en guerre et des créatures magiques attendaient leur passage.
— Si chaque pont est comme celui-ci, je propose qu’on achète une boulangerie en chemin, souffla Lior pour détendre l’atmosphère.
— On survivra aux golems, aux sorcières et aux espions, mais pas aux viennoiseries brûlées, répliqua Emyra en riant.
— Et moi je préfère qu’on se concentre sur la quête, conclut Phael avec un sourire qui en disait long sur son amusement et sa détermination.
La lumière de la rivière s’estompa derrière eux, et le trio s’avança, prêt à affronter les mystères de la forêt. Chaque pas renforçait leur amitié, mais chaque ombre laissait présager des dangers plus grands. La magie, la stratégie et l’intuition avaient jusqu’ici assuré leur survie, mais ils savaient que le chemin restait semé de pièges, d’espions et de créatures imprévisibles. Le pont de cristal n’était qu’un début, et déjà les murmures d’un royaume en guerre sifflaient à leurs oreilles.
Le trio s’arrêta un instant, observant le ciel qui se reflétait dans la rivière comme un miroir brisé. Lior toucha une rune gravée sur sa manche, Phael frotta son pendentif magique, et Emyra serra sa baguette. Ils n’étaient plus des orphelins perdus dans la forêt, mais un trio uni, capable de déjouer la magie noire et les conspirations qui se tramaient dans les royaumes. Chaque danger les rapprochait, chaque épreuve révélait leur complémentarité, et chaque pas les préparait à la grande aventure qui les attendait au-delà du pont de cristal.