Toc !
Toc !
—Entrez ! Me parvient la voix depuis l’intérieur.
—Bonjour…
—Madame Jrt, on vous attendais !
—Je… écoutez je crois qu’il y a une erreur avec ce rendez-vous, je vous ai envoyé un mail m-
Elle me fait signe de prendre place dans l’un des fauteuils devant son bureau en acajou. Ses chaises sont d’un confort incroyable, sur les murs des photos de chien. Les siens ? Un espace enfant ? Pourquoi pas…
—Ecoutez, même si par mail vous m’avez dis que j’ai pris ce rendez-vous avec vous ce n’est pas le cas ! Il a une erreur et -
—Ce n’est pas une erreur.
Cette voix… celle que j’ai tant imaginé à travers mes lignes, mes pages. Ses talons claquent sur le sol à chaque pat qu’elle fait devant moi. Ses bagues, ceintures et babioles glinguent à mesure qu’elle s’approche. Le froissement de ses vetements et du foulard noué à sa taille me chatouille le bras quand elle arrive à ma hauteur. Une odeur de sel de mer, de poudre à canon se repend son mon nez. Comment est-ce possible ?
—Luna…
—Capitaine Hudson je te prie.
Je me tourne vers elle, elle à beau faire ma taille, depuis mon siège elle me parait impretionnante. D’un geste que j’ai longtemps admiré, elle abaisse son tricorne sur ses yeux dans un signe de salutation.
—Si je peux me permettre mademoiselle Hudson, vous n’etes pas capitaine ici, intervient la thérapeute.
Je me pince l’arrete du nez. Si elle veut signer son arret de mort, elle est bien partit pour. Luna pose un pieds sur le bureau acajou, de l’eau y dégouline sortant de ses bottes.
—Vous permettre hein ? Je suis le capitaine Luna Hudson. Personne ne peut remettre mon titre en cause compris ?
La thérapeuthe se mets à trembler, n’osant faire de bruit.
—Luna je peux savoir ce que… tu fais ici ? Je veux dire… j’ai… d’autres choses à faire…
Comme si je reprenais vis à ses yeux, elle se retourne, s’adossant contre le bureau. Son regard sombre s’enfonce dans le mien. Je déglutit, consciente plus que jamais de la prestance que je lui ai donné. Elle me juge de la tete aux pieds, et je ne sais pas qui de nous deux est le plus ridicule à ce moment la. Elle dans son équipement de pirate qui lui va comme un gant ? Ou moi dans mon jean et mon sweat ? Ses yeux me sondes. J’ai l’impression d’etre sa prisonnière et d’attendre qu’elle choississe quoi faire de moi.
—Je vous ai convié à ce rendez-vous, m’assène-t-elle d’une voix grave. Pour qu’on puisse régler nos comptes.
—Hein ?
Ses lèvres se rehaussent dans un sourire en coin. Elle se relève et s’avance vers moi.
—Voyez vous… j’ai appris que ma vie était entièrement le fruit de votre… imagination ? Cela va s’en dire que je n’ai pas cru un seul mot de ce parchemin ridicule…
Ses yeux se plissent, et sa main droite se lève dans un geste interrompu.
—Je… me devais de vous voir pour parlez… trouvez vous ça amusant de jouer avec ma vie ? De me… controller ? De me dicter mes moindres faits et geste vous qui pronnait la liberté d’expression des femmes ? Du moins… c’est ce que j’ai cru comprendre…
J’ouvre la bouche pour répondre mais ;
—Mademoiselle Hudson, ne voulait vous pas qu’on commence a discuter tranquillement ?
Le visage de Luna se décompose.
—Si vous l’ouvrez encore une fois, je vous découpe la gorge compris ? La lame de son sabre collé à la gorge de la femme.
—Luna tu…
—CA VAUT POUR VOUS AUSSI !
Son oeil tressaute.
—Et surtout pour vous oui…
Son coutelas se pose sur ma gorge.
—Est-ce amusant de me faire perdre tout ceux que j’aime ? De me donner en chair à paté à mon paternel alors que je n’ai que…. quel âge déja ?
—10 ans…
Son sourir s’aggrandit.
—Bien… j’aime quand vous suivez mes pensées… ricane-t-elle
—Ca je sais… je marmonne
—Pardon ? Qu’avez vous dis ?
—Luna je t’ai créer ! Je te connais ! Je connais tes points faibles !
Dans ses yeux une lueur de doute s’installe. Elle déglutit. Je suis capable de dire ce qu’elle pense
—Comment…
—Luna je t’ai écrite, chaque phrase que tu as dites, chaque geste que tu as fais, tout ce que tu as ressentie c’est moi qui l’ai écris… Je… ne crois pas que je t’ai fais subir tout ça par pur volonté de te faire du mal.
—Alors pourquoi ? Pourquoi m’avoir faire perdre tout le monde ? Vous savez ce que j’endure toutes les nuits ? Bien sur que vous le savez…
—Luna je…
—NON ! C’es capitaine Hudson ! J’ai travaillé dur pour ce titre et ce n’est pas pour qu’une simple morue telle que vous se permette de me parler comme cela !
Je suis à la fois appeurée et un rire manque de m’échapper.
—Par ce que ça vous fais rire ?
—Non non ! Juste que… morue… c’est…
Elle me lance un regard aussi tranchant que son coutelas.
—Oui… non… pardon. Ecoute Lu-Capitaine Hudson… je voulais juste vous rendre forte vou-
—Forte ? En fasaint mourir mes proches un par un ? En me faisant souffrir et sombrer dans l’alcool comme un vulgaire rat des ports ?!
—Je sais ce que vous pensez… mais regardez dans le fond, cela ne vous a -t-il pas rendu plus forte ? Les épreuves qui ont suivis sont devenus de plus en plus simple pour vous non ?
Elle me regarde. Dans le fond elle sait que j’ai raison, je la connais.
—Par ce que perdre des gens ça vous a rendue forte vous peut-etre ? La douleur ne vous à pas cloué au fond de votre hammac ?
—Bien sur que si… j’ai eu le coeur brisé en tellement de morceaux que je ne pensais jamais pouvoir m’en sortir. J’ai pleuré tellement longtemps que je pensais pas etre capable de le pouvoir encore…
—Alors si vous le saviez… si vous étiez au courant de tout ça… pourquoi me l’avoir fait subir hein ?! Je ne comprends pas !
—Vous voulez la réponse du coeur ou celle de la logique ?
—Euh… le… le coeur ?
—Celle du coeur… eh bien…
Je réfléchis quelques secondes avant de commencer :
—J’avais enfin de prouver que malgré tout ce qu’on peut subir, toutes les obsctacles qu’on peut subir, on peut toujours se relever. J’avais besoin de tout extérioriser, de te rendre humaine, de montrer que malgré tes sentiments, tes doutes, tu restes une humaine. Et ça te rend attirante, attachante, et super forte malgré tout !
—Et pourquoi une pirate hein ? Vous ne trouvez pas que ce monde est déja assez dure ? Je dois etre une femme dans un monde d’homme en plus ? Vous avez une ide- pourquoi m’avoir fait autant subir ?!
—Que veux tu que je te dise de plus Luna ?! Ton monde est horrible, le monde pirate n’est pas comme dans les films, j’ai voulu le rendre le plus réaliste possible, je t’ai donné des bonnes cartes en mains pour t’en sortir !
—Qui se sont retrouvés etre des pièges !
—Dont tu t’es finalement sortit comme une superbe pirate ! Tu aurais voulu etre un homme à qui tout sourit ? Tu aurais voulu finalement etre l’une des rares femmes qui ont reussi leur vie grace à leur maris ?
—Bien sur que non !
Ses yeux s’aggrandisent, mais pour autant son visage reste fermé.
—Je sais que ton histoire est horrible… que tu as eu mal, que ton corps et ton coeur ont saignés, je le sais Luna… mais regarde toi ! Regarde d’ou tu es venue hein ?
Ses sourcils se froncent à nouveau.
—Plus jamais vous ne ferrais de moi votre pantin.
Son coutelas se loge dans ma gorge, la douleur éradit, le sang chaud coule le long de mon cou. Elle reste la, impassible à me regarder mourire, comme elle en a vu tant d’autres avant.
—Han ! Merde qu’elle heure est-il ? 2 h 45 ?! Eh bah… desolé Luna mais ton histoire va devoir attendre un peu… je suis morte de fatigue.