Loading...
Link copied
Loading...
Mark all as read
You have no notification
Search
Original
Fanfiction
Trending tags

Log In

or
@
Loading...
Celeanne
Share the book
Back to challenge

NDA : Petit exercice bien compliqué qui m’a forcé à prendre mon temps, rédigé en premier temps manuscritement, reporté en tapuscrit avec les mêmes erreurs. Je déteste les laisser, ces erreurs, j’espère que vous ne me tiendra pas rigueur de ces petites horreurs. Merci pour ce défi. Bonne lecture, si je puis me permettre.




Demain, je pars. Loin de chez moi, non pas pour la première fois mais pour, je l’espère, la dernière. C’est que j’aime mon petit univers. Je dois préparer mes affaires. Empiler les effets en domino ou, comme dit maman, en tétris. Elle ne comprend pas que plus personne ne joue à ce jeu. Et puis, je n’y suis pas douée. Je réfléchis, un instant, à ce que je peux emporter, à ce que je dois emporter, et ce que je devrais laisser – trop.

Si je pouvais glisser quelques rayons de soleil dans ma valise, je le ferais. Je suis persuadée que là-bas, ils ne seront pas si beaux, ils ne seront pas si lumineux. Une douzaine de rayons aulnésiens, merci ! Avec le sourire, la chaleur, les souvenirs. Et avec ça ? Des frites des petits pains encore tout chauds, ça sera tout. Non, ça ne sera jamais assez.

— Ce n’est que trois semaines Maxine, fredonna ma mère enjouée et amusée.

La fin du monde à mes yeux. Comment pourrait-elle comprendre alors que l’air des jolies colonies de vacances résonne toujours dans sa tête ?

— Tu as la liste ? N’oublies rien surtout. De toutes manières, je vérifierais.

Quelques gronements grognements pour tapisser le fond de la valise, des soupirs qui pèsent une tonne, mais aucune larme, ça non !

J’ouvre en premier ma trousse de toilette couleur rose fanée. J’y glisse avec application du gel douche – caramel, du shampoing – fraise. Deux petits flacons oblongs chinés par maman sur le marché. Deux pour le prix d’un ! J’ajoute quelques regrets, à la place de bouder, j’aurais dû demander le shampoing à la myrtille. Un dentifrice dents blanches assurées et la brosse à dents souple. Bleue. Ma brosse à cheveux fétiche, avec une grosse fleur à l’arrière. Mes doigts s’arrêtent sur les picots rebondis. Ce cadeau aussi précieux que ridicule, je n’ai plus 9 ans ! Pas besoin d’élastiques, mes cheveux ont été coupés trop courts pour que j’en ai l’utilité. Une crème solaire en spray, aussi trouvé sur le marché, et une crème anti-moustique vendue avec. Avec le temps qu’il fera là-bas, je doute en avoir besoin : ils auront tous cramés. Ah ! Voilà un truc que la liste ne notait pas ! Du fil dentaire. Je l’ajoute fièrement. Des cotons-tiges, tant pis pour l’oriculi. Trois semaines… Un coup d’œil sur le calendrier et je bougonne un peu plus. Un paquet de serviette hygiénique, une boite de tampons. Ma cup restera avec l’oriculi. Je note dans un coin de ma tête de rappeler à mes parents combien colonie et écologie ne rime que sur le papier.

Trousse de toilette ✓

Pour les vêtements, il faut bien que je choisisse. On n’a pas de deuxième occasion de faire une première bonne impression, comme dirait mamie. Bien qu’il y ait des machines à laver sur place, je devais dois emporter un peu de tout pour prévoir toutes les situations. La fameuse boum. Nouveau soupir, mais plus de place pour ça. Inutile de préciser que mon envie de rester ne rentrait pas dans la valise. Je place donc en premier une combinaison en coton bleu ciel qui me fait des jambes très longues et pour laquelle on m’avait longtemps complimentée lors du dernier repas familial. Quelques shorts, deux pantalons, sept tee-shirt, blancs, beiges, noirs et un prune. Des sous-vêtements : tous ! Deux maillots de bain, celui de l’école et celui fraîchement acheté. Horrible bikini bleu électrique. Un autre cadeau, non désiré celui-ci, merci tata. J’observe ma valise qui vomit déjà. Mes aller-retours chambre - salle-de-bain m’ont donné chaud. Un coup d’œil à la liste et j’ajoute chaussettes, pyja-short, deux pulls – j’en garderai un sur moi, quatre serviettes (deux grandes, deux petites).

Vêtements ✓

— Mamaaaaaan ! Ça ne fermera jamais !

— Ne t’inquiète pas pour ça, Gabriel t’aidera à portée porter.

Ah bon ? Je ricane, ajoute un rap de plage, mon kway, une paire de baskets dans un pochon en tissu, un petit sac de plage. Un livre – Quatre filles et un jean, un second – Dracula et ma liseuse. Un carnet, des stylos.

Passe-temps / temps calme ✓

Que maman et papa s’amusent à tout tasser et que Gab fasse le fier avec deux valises à porter. Avec les spaghettis qui lui servent de bras. Je me laisse retomber sur mon lit, bras ballants et cœur vide. Elle ne rentrera pas non plus dans ma valise, ma douce Louise. De toute manière, elle ne sait même pas que j’existe. J’hésite à emporter tout mon amour pour elle, comment pourrais-je faire sans… Et que faire avec ? Il est lourd, encombrant, à le goût salé de la mer du Nord. Mon regard accroche une oreille pelucheuse longue et verte qui dépasse de son mon oreiller. Je tire avec tendresse, geste doux et précautionneux, mon doudou lapin. J’ai beau ne plus avoir 9 ans, lui, je l’emporte ! Je le glisse appliquée, entre deux pyjamas. Cette nuit, dans le car, doudou dormira dans la soute. Lui, je peux l’aimer sans avoir mal, je peux aussi le tremper de larmes s’il le faut, il ne me jugera jamais. Je pose ma main sur le dessus des tissus qui le recouvre et le remercie silencieusement. Ça ne pèsera rien dans mes bagages, c’est une caresse sur mon cœur.

On frappe à la porte et je sursaute. Je referme la valise, j’essaie, elle reste béante et prête à rendre tout le contenu de son estomac : indigestion caractérisée par surplus de tissus. Je viens grimper dessus avec la ferme attention de réussir l’exploit ! Papa rentre bien que je ne me souvienne pas lui avoir dit d’entrer. Il m’observe un instant, à cheval sur la valise à roulette jaune pissenlit. Alors que je me demande s’il va finir par m’aider, il s’approche et nous venons à bout de la fermeture. J’espère qu’elle ne lâchera pas. Je m’installe à ses côtés, il reste silencieux. Lui, je le laisse ici, mais avec un bout de moi. C’est qu’il m’a toujours soutenu, sans jugement. Calme, il attend que je parle. Je sais que désormais, je ne peux plus rien retirer de la valise.

Je sais pas si j’ai oublié quelque chose. J’ai oublié de cocher sur la liste.

Il acquiesça.

Ce n’est pas que je veux pas oublier quelque chose, c’est juste que…

Tu n’as pas à te justifier, je sais que tu aurais pris plus qu’il ne le fallait. Si tu le pouvais, tu mettrais la maison dans ta valise.

Non, seulement Zébulon en plus, avancé-je en parlant de notre chien. Mais il ne supporterait pas le voyage, et les monos ne le supporterait pas non plus.

Il pue, ça, je le pense mais, je ne le dis pas.

Vieux. Incontinent. Comme les mots qui sortent de ma bouche : incontinents. Je n’arrive pas à les retenir.

À quoi penses-tu, finit-il par demander, après plusieurs minutes d’un silence confortable.

Et plusieurs autres minutes s’écoulent. Je sais que je peux tout lui dire, alors je murmure, resserrant mes bras contre ma poitrine qui se serre et contre mes pensées qui s’éclairent.

L’amour fait mal. Et il prend trop de place. Il est trop lourd. Et encombrant. Je n’aime pas aimer. Pourtant… je ne peux pas partir en le laissant, c’est comme s’il s’agrippe à moi comme un chaton enragé, tantôt il a besoin qu’on fasse attention à lui, tantôt il est agressif et griffe et mord.

On ne peut pas se décharger de nos sentiments mais, qui sait si loin de tout le sel et l’air de la mer ne t’aidera pas à l’adoucir ?

Il ne me demande pas qui. Il ne demande rien au final. Il m’offre juste un autre regard. Je le pèse, l’essaie à mon tour.

Je ne peux rien laisser ici, mais peut-être pourrais-je le laisser là-bas ?

Après-tout, je ferai de nouvelles rencontres. Maman dit, quand tout va mal le temps aide. Je ne sais pas trop ce que ça veut dire car je trouve qu’au contraire le temps passe vite et tord un peu tout. Papa passe une main dans mes cheveux et je relève la tête. Dehors, une pluie commence. Le bruit, je l’emporte aussi, le bruit de la pluie qui lave.

Tu sais, Max…

Je sens qu’il cherche ses mots. Je devrais lui donner les miens, ils viennent trop vite.

Il faudra bien que tu fasses de la place dans ta valise, si tu veux ramener autre chose.

Comment this paragraph

5 Comments

7 days
J'ai beaucoup aimé ta manière d'écrire ! C'est fluide et malgré la scene qui peut paraître redondante (ce dont j'avais peur moi-même) je trouve que finalement ça ne l'est pas tant que ca quand on alterne avec des petits détails émotifs ! C'était un vrai défi, mais tu l'as bien gérer !! *.*
show more
7 days
Merci beaucoup ! Ça n'a pas été simple, surtout pour autant de mots sur une seule valise
show more
5 days
Merci beaucoup ! Ça n'a pas été simple, surtout po...
Oh oui clairement !
show more
Merci pour ta participation et d'avoir jouer le jeu ^^
Cette valise semble prête à craquer tout comme ce trop plein de sentiments de Maxine.
show more
22 days
Ce défi en était vraiment un, merci à toi !
show more
Badge earned: