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Hanae_Ecriture
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Jour 1 – Premiers pas dans la mégalopole

L’avion s’est posé à l’aéroport d’Incheon en fin d’après-midi, et dès que j’ai franchi la porte, une énergie nouvelle m’a traversé. La fatigue du voyage s’est peu à peu dissipée face à la vivacité de Séoul. Cette ville me fascinait déjà : un mélange saisissant de modernité éclatante et de traditions millénaires, où les tours immenses de Gangnam côtoyaient les ruelles paisibles et chargées d’histoire du Bukchon Hanok Village.

Après avoir récupéré ma valise, je me suis dirigé vers le métro. Fluide, propre, ponctuel, il m’a rapidement conduit jusqu’à mon guesthouse niché dans le quartier d’Insadong, célèbre pour ses boutiques d’artisanat fin et ses salons de thé où le temps semble ralentir. En sortant de la station, mes sens ont été envahis par la douce sérénité des petites rues pavées, bordées de maisons en bois aux toits aux courbes élégantes, véritables témoins d’un passé toujours vivant.

Je me suis installé, posant mon sac à dos près de la fenêtre qui donnait sur une ruelle éclairée par des lanternes rouges et dorées. Un murmure lointain de scooters mêlé à la délicate odeur du thé vert chaud flottait dans l’air, créant une atmosphère à la fois apaisante et pleine de promesses. Au fond de moi, une certitude s’imposait : ce voyage n’était que le premier chapitre d’une aventure bien plus grande.

Jour 2 – Exploration et isolement

La matinée s’est écoulée doucement, rythmée par mes pas errants dans Insadong. J’ai déambulé sans but précis, entre les galeries d’art aux œuvres délicates, les boutiques de hanbok aux tissus colorés et les petits restaurants où les arômes de kimchi et d’épices éveillaient mes sens. Le marché de Tongin m’a particulièrement captivé : ses étals débordants de gimbap roulés avec soin, de tteokbokki relevé d’une sauce piquante et de mandu tout juste cuits, m’ont offert une découverte gourmande et authentique. Chaque bouchée éveillait une nouvelle palette de saveurs, vibrantes et surprenantes.

Pourtant, au milieu de cette effervescence, une distance invisible s’est installée entre moi et la foule qui m’entourait. Les sourires chaleureux n’atteignaient pas mes pensées. La barrière de la langue isolait mes mots, et les coutumes différentes dessinaient autour de moi un cercle étroit, presque étouffant. J’étais à la fois présent et absent, un voyageur en quête d’une connexion qui échappait à ma portée.

Le soir, assis dans la pénombre de ma chambre, j’ai ouvert mon carnet. Les mots sont sortis lentement, porteurs d’une hésitation profonde. Je ne savais pas encore si cette aventure me révélerait autre chose que cette solitude qui s’infiltrait dans mes journées. Pourtant, j’ai choisi d’écrire, comme pour apprivoiser ce sentiment et peut-être, un jour, le dépasser.

Jour 3 – Rencontre inattendue au café de Hongdae

J’avais besoin de changer d’air, alors je me suis aventuré dans le quartier de Hongdae, célèbre pour son énergie vibrante, ses cafés originaux et sa scène artistique bouillonnante. En franchissant la porte d’un café atypique, j’ai tout de suite été captivé par les murs couverts de fresques éclatantes, mêlant éclats de couleurs et motifs abstraits, et par un petit coin lecture où s’entassaient des livres aux reliures usées.

Je me suis installé à une table près de la fenêtre, le carnet en main, quand mon regard a croisé celui d’un jeune homme dans un fauteuil non loin de moi. Il était penché sur un carnet ouvert posé sur ses genoux, l’air perdu dans ses pensées, tout comme moi. Quelque chose dans sa concentration tranquille m’a poussé à briser le silence.

Par impulsion, et sans trop réfléchir, je lui ai demandé : « Excusez-moi, vous sauriez quel plat local je devrais absolument goûter ici ? »

Il a levé les yeux, surpris par ma question, puis un sourire sincère s’est dessiné sur ses lèvres. Ce sourire avait cette chaleur immédiate qui chasse la gêne.

Il m’a simplement répondu : « Tu veux du vrai Séoul ? Alors suis-moi, je connais un endroit. »

Il s’appelait Min-jun. Étudiant en arts plastiques, il portait en lui une passion débordante pour la musique indie et une admiration profonde pour les traditions coréennes. Sa présence, simple et authentique, a instantanément ouvert une porte que je ne savais pas encore franchir.

Jour 5 – Découverte de Séoul à travers les yeux de Min-jun

Min-jun m’a entraîné dans une exploration inattendue, loin des sentiers battus. Nous avons commencé par le marché aux fleurs de Yangjae, un lieu discret, presque secret, où l’air vibrait des parfums mêlés de jasmin délicat et de résine de pin. Chaque respiration éveillait mes sens, comme une invitation à ralentir, à s’imprégner de ce moment hors du temps.

Puis nous avons pris la direction d’Ikseon-dong, ce quartier où les hanoks traditionnels, aux toits courbés et aux murs en bois patiné, s’étaient transformés en cafés cosy et boutiques modernes. Installés sur des coussins moelleux, dans un petit salon baigné de lumière douce, nous avons partagé un thé aux fleurs aux arômes subtils, qui caressait la gorge et apaisait l’esprit.

Min-jun a laissé tomber sa carapace pour évoquer son enfance dans la campagne coréenne, les paysages vastes et calmes qu’il avait quittés, puis son arrivée à Séoul, cette métropole vibrante où il nourrissait de grands espoirs dans le monde de l’art. À mon tour, j’ai ouvert mon cœur. J’ai parlé de mes voyages, des moments de doute qui m’accompagnaient, et de ce besoin profond de comprendre ce qui me poussait toujours plus loin.

Cet échange a fait naître une complicité inattendue. Deux âmes cherchant leur voie, se trouvant pour un instant, partagées entre passé et futur, rêves et réalités. Une rencontre qui illuminait ma découverte de cette ville comme aucun guide ne pouvait le faire.

Jour 7 – Balade au bord du fleuve Han

Cet après-midi-là, Min-jun et moi avons choisi de nous éloigner du tumulte urbain pour rejoindre les rives du fleuve Han. Nous avons loué des vélos et pris la route sur les pistes cyclables bordées d’arbres, serpentant entre les gratte-ciels imposants et les vastes espaces verts des parcs. Le vent léger caressait mon visage, rafraîchissant malgré la chaleur douce de la fin d’été, tandis que le cliquetis régulier des pédales rythmait notre avancée.

Après un moment, nous avons fait une pause sur une pelouse où l’herbe dense invitait à la détente. Min-jun a sorti de son sac une petite enceinte Bluetooth, puis a lancé une musique aux sonorités mêlant mélodies traditionnelles coréennes et rythmes modernes, un mélange surprenant et captivant. Les notes ondulaient dans l’air, et je me suis laissé porter par ce pont invisible entre passé et présent.

Nous avons parlé longuement, partageant nos impressions sur Séoul, cette ville d’extrêmes où l’ancien dialogue avec le nouveau, où la pression sociale étouffe parfois la créativité, mais où cette même créativité trouve pourtant un espace de liberté intense. Chaque parole révélait un peu plus la complexité de ce lieu, mais aussi l’âme de celui qui le vivait.

Ce jour-là, au bord du fleuve, j’ai compris que cette amitié dépassait la simple curiosité d’un voyage. Elle creusait un lien profond, fait de confiance et de compréhension, qui donnait à mon séjour une autre dimension.

Jour 9 – Nuit magique à Naksan Park

Le soir venu, Min-jun m’a proposé de grimper jusqu’à Naksan Park, un endroit réputé pour sa vue imprenable sur Séoul. Nous avons déambulé dans les ruelles étroites et sinueuses d’Ihwa-dong, où chaque coin de mur portait une peinture colorée, chaque recoin abritait une sculpture discrète, comme des petites fenêtres ouvertes sur la créativité locale. Les lampadaires diffusaient une lumière douce, qui faisait danser les ombres et ajoutait un charme presque féérique au quartier.

À mesure que nous montions, le souffle un peu court, je sentais la fraîcheur du soir se mêler à l’excitation du moment. Une fois arrivés au sommet, la ville s’étendait devant nous, un océan lumineux dont les milliers de points scintillaient comme des étoiles tombées sur la terre. Le fleuve Han se dessinait en ruban argenté au milieu de ce tableau nocturne, et tout paraissait suspendu dans le calme.

Sans un mot, Min-jun a doucement pris ma main, ses doigts chauds contre les miens. Son sourire, tendre et sincère, accompagnait ses mots qui m’ont touché au plus profond : « C’est ici que Séoul révèle son âme. »

Le silence s’est installé entre nous, lourd de sensations et d’émotions. Nous étions deux étrangers dans une ville immense, pourtant ce moment m’a donné l’impression d’appartenir à quelque chose de plus vaste, d’intime à la fois. Je gardais les yeux fixés sur les lumières qui dansaient au loin, tandis que mon cœur battait plus fort, chargé d’une douceur nouvelle.

Jour 11 – La soirée inoubliable à Gwangjang Market

Ce soir-là, nous avons plongé au cœur de l’effervescence du Gwangjang Market, l’un des marchés alimentaires les plus anciens et vivants de Séoul. Dès notre arrivée, l’air était chargé d’arômes puissants : épices, viande grillée, légumes fermentés… Un mélange chaud et familier qui chatouillait mes narines.

Nos mains ont vite été occupées par des plats typiques. Le bindaetteok, ces galettes croustillantes de haricots mungo, fondait légèrement sous la dent, révélant un subtil goût de terre et d’épices. Le makgeolli, ce vin de riz blanc et légèrement pétillant, apportait une fraîcheur douce, parfaite pour équilibrer les saveurs intenses du repas.

Autour de nous, la vie battait son plein. Des rires éclataient, des voix s’élevaient pour vanter les spécialités, et la fumée des grills dessinait des volutes dans la lumière tamisée des lanternes. Le tumulte avait quelque chose de rassurant, comme un pouls qui faisait vibrer tout le quartier.

Soudain, Min-jun m’a entraîné dans une petite démonstration. Il voulait que j’apprenne le buchae-chum, une danse traditionnelle avec un éventail coloré. Mes gestes hésitants ont provoqué une vague de rires complices entre nous, cette maladresse devenant le pont invisible qui renforçait notre lien.

Cette soirée était plus qu’un simple moment festif : c’était une célébration de la découverte, du partage et de la complicité qui naissait entre deux étrangers dans une ville immense. Un souvenir que je garderai précieusement, comme une lumière chaleureuse dans cette aventure encore en construction.

Jour 14 – Ce que cette amitié m’a apporté

En repensant à ces jours passés, une vérité s’impose doucement : cette amitié née à Séoul est un trésor inattendu, un cadeau qui dépasse toutes mes attentes. Min-jun m’a conduit hors des sentiers battus, dévoilant un visage de la ville que les touristes ne connaissent pas. Il a ouvert pour moi les portes de sa culture, mais aussi celles de son cœur, avec une générosité sans retenue.

Il m’a fait comprendre que voyager ne se limite pas à admirer des paysages ou à accumuler des clichés. Voyager, c’est avant tout s’ouvrir aux autres, accueillir leurs histoires, leurs différences, et bâtir des ponts invisibles entre nos univers.

Ce lien, né d’un simple échange dans un café, a métamorphosé mon voyage en une véritable aventure humaine. Il a donné à mes journées une intensité nouvelle, une profondeur que je n’aurais jamais imaginée. C’est plus qu’une amitié : c’est une découverte de moi-même à travers le regard d’un autre.

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1 Comment

23 days
Le texte est sublime et ta plume nous plonge dans l’histoire très facilement.
Merci pour ta participation au défi ! 🫶🏼
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