Officiellement, je pars en vacances.
Mais ce que je ne lui dit pas , c’est que je n’ai pas l’intention dans revenir.
Je me demande si il se doute de quelque chose. Il a une façon de regarder ma valise ouverte sur notre lit que je n’arrive pas déchiffrer. Son regard est triste mais son corps, lui, est tendu, comme lorsqu’il réprime une colère. J’ignore ce qu’il se passe en lui en cet instant. Et pour être, je m’en fiche. J’ai besoin d’air, d’espace. Je suis au bord de l’implosion. Je n’en peux plus. De lui, de nous.
Je jette mes affaires les unes après les autres avec désinvolture. Je n’ai l’intention de ne prendre que l’essentiel. Pourtant, je ne peux m’empêcher d’y mettre mon carnet et stylo préféré. Comme si, là où je vais, il n’y en avait pas. Mais, je le fais toujours, quand nous partons ensemble. Pour noter, tout ce que nous faisons. Ensuite, je fais un album photo, de nos balades, selfies et anecdotes rigolottes. Cette fois, je n’en ferais pas. Mais il faut sauvegarder les apparences.
Surtout qu’il reste planté là, a épié le moindre de mes gestes, les mains dans les poches, son regard de chien battu sur la gueule. Je ne pars que pour une semaine. Il n’y a pas de quoi en faire tout un fromage. A croire Enfin, c’est ce qu’il croit. Ce qui le dérange, c’est la prespective de me savoir sur une île en bikini avec mes copines. Et que je refuse de lui donner de mes nouvelles cette semaines là.
- J’ai besoin d’une pause sans t’avoir dans les pattes - je lui ai dit. Cela l’a blessé. Et je le comprend. C’était dur. Mais vrai.
La réalité. C’est que je pars seule, sans les filles. Au début, c’était le plan. Partir, profiter des copines, de la plage, et abuser de boissons alcoolisées. Se retrouver comme à nos vingts ans, sans contrainte. Sauf que le plan est tombé à l’eau. Les contraintes justement les ont rattrapés. Le travail, la famille, les enfants. Et je me suis retrouvée seule, avec mon billet d’avion accroché sur le frigo.
Les jours sont passés sans que je ne dise rien à Edi. J’ai continué à faindre mon enthousiasme. A planifier. Organiser. Comme si ce voyage allait avoir lieu. Et puis, c’est devenu une évidence. Cette vie…
Ne me convient pas.
J’en ai marre. Je voulais partir et tout laisser derrière moi. Pour tout recommencer. Ailleurs.
Je n’ai aucune état d’âme. Même en cet instant. Il ne me tarde qu’une chose. Franchir cette porte pour fuir.
- Tu ne prends pas ton ordinateur?
- Non, je n’ai pas l’intention de travailler cette semaine.
- On pourrais se faire un facetime.
- J’ai mon télphone portable pour ça. Et je l’ai déjà dit. Je t’envoi un texto quand nous serons arrivés, après ça….
- Je sais, je sais, tu me l’a bien fait comprendre, tu ne veux pas m’entendre, ni me voir.
- On a besoin d’une pause, …
- TU as besoin d’une pause!!! Moi, non.
J’expire mon exaspération. J’en ai marre de cette conversation. On tourne en rond.
Edie saisie le carnet. Une onde de panique traverse mon corps.
- Repose ça s’il te plaît.- Je parle trop brusquement. Il sursaute un peu en m’entendant.
- Je peux savoir ce qu’il te prend. !!!
Je détourne le regard pour me replonger dans l’armoire. Mon coeur bas fort dans ma poitrine et le sang monten à mes joues. J’ai peur qu’il est le réflexe de l’ouvrir. Dedans, ce trouve le billet d’avion que j’ai échangé il y une semaine pour une autre destination. Puis mon contrat de location de six mois dans un p pour un petit appatement avec vues sur mer. S’il le découvre maintenant, tout sera fichu.
Mais quand je me retourne à nouveau, le carnet est revenu à sa place dans la valise. Et Edi a disparu de la pièce. Je vérifie, fébrile. Tout est à sa place. Je respire. Soulagée.
Je passe la tête par la porte de la chambre, Edi fume une cigarette sur la terrasse. J’en profite pour glisser quelques souvenirs d’enfance que je tiens à emporter. Les rares qu’il y est ait eu dans ma triste vie. Je les cache sous les robes légères que j’emporte au cas où, il reviendrait. Mais, il ne revient pas. Peut-être enfin a-t-il comprit ?
Je ne pense pas. Il doit ruminaiter, à la meilleure façon de ma manipuler, de me faire culpabiliser. Je connais ses techniques par coeur. Pourtant, j’ai cédé tant de fois à ces chantages affectifs. Il doit savoir que je lui échappe, car cette fois, je n’ai pas cédé. Je lui ai tenu t^te. Je partirai avec mes copines, sans lui sur mes talons. Mon dieu que cela a été difficile. Habituée à céder à tous ses caprices, il a fallu que j’use de toutes mes forces pour ne pas craquer. Mais j’ai tenu bon.
Je J’entends la porte coulissante du salon s’ouvrir. Edi franchit la porte de la chambre, les larmes dans les yeux. Putain, j’y crois pas. Il ne va pas me faire ce coup là. Je ferme dans un claquement sec ma valise et fait faire le tour de la fermeture éclaire pour y ajouter le cadena acheté spécialement pour l’occasion.
- Reste! S’il te plaît!
- Je ne pars qu’une semaine, il faut pas exagérer!
- Mais…
- Mais..Quoi? - Mon ton est dur comme de la glace. Cela me surprend. D’où me vient cette fermeté? Le ras le bol. Probablement.
Je soulève ma valise pour la mettre sur ces ses roues et débloque la poignet. Edi fait barrage.
- Pousse toi! S’il te plaît! Les filles vont m’attendre.
Mais il ne bouge pas.
- Edi!
Il me force m’oblige à forcer le passage. Les roulettes roulent sur ses pieds nus. Il pousse un grognement. Un sentiment d’urgence me prend au tripe. Alors j’accèlère. Attrape mon sac à main sur la table de la salle à manger. Mais il me rattrape et me retourne. m’oblige à m’arrêter. Il est plus fort que moi, plus grand; j’ignore si je vais pouvoir lui échapper. Son regard rougies par les larmes sont devenus fous. Désormais, il est prêt à me retenir quoiqu’il en coûte. Je suis terrorisée.
Il sait.
- Mais arrête. Lache moi!!! - Je hurle en le poussant de toutes mes forces.
Il tombe à la renverse et se cogne la tête contre un pot de fleur en terre cuite. Je ne réflechit pas une seconde, je cours jusqu’à la porte d’entrée, mon sac et ma valise dans les mains. Quand je franchit la porte d’entrée, il est là, assis, hébété. en plein milieu du salon. entouré de terre, une main sur sa tête
Il a l’air d’un idiot.
voilà bien un départ douloureux et qui semble presque définitif.